2024 · sculptures

Avec toi on ne peut pas avoir de conversation

Encre sur papier, verre, néon, armoire métallique, 2m x 1m10 x 45 cm

Avec toi, on ne peut pas avoir de conversation, 2023
Encre sur papier, verre, néon, armoire métallique, 2m x 1m10 x 45 cm

Cette installation présentée dans l’exposition Construire le regard, prend la forme d’une petite tour lumineuse posée dans la pénombre. Six dessins à l’encre de Chine, réalisés sur papier et enchâssés entre deux plaques de verre, sont placés sur la structure métallique d’une étagère. À l’intérieur, trois néons diffusent une lumière blanche qui révèle les images et projette un halo dans l’espace environnant. Sur chaque panneau apparaissent des silhouettes issues d’images de film, parfois une femme face à son propre reflet, parfois deux ou trois figures en pleine discussion. Les cadrages serrés montrent systématiquement un protagoniste de dos et un autre de face, comme si le regard du spectateur prenait place dans la conversation. Réduites à des contrastes extrêmes par l’encre et la lumière, ces scènes évoquent autant des échanges simples que des dialogues impossibles. L’œuvre met en scène la fragilité et l’ambiguïté de la communication : elle suggère que parler et se comprendre reste une expérience compliquée et intense, parfois irréalisable.

Construire le regard, Trudelhaus, Baden, 2024
Commissariat Carmen Perrin et Virginie Delannoy
Collaboration entre artistes suisses alémaniques et suisses romands :
Esther Amrein, Christian Greutmann, Sadhyo Niederberger, Arlette Ochsner, Lorenz Olivier Schmid, Claude Cortinovis, Noémie Doge, Carmen Perrin, Robert Turner Collective

À l’instar de la maxime “enlever le bruit pour entendre” l’exposition est présentée dans le noir. L’obscurité permet d’”effacer” le contexte architectural et visuel, pour ne laisser ostensibles que les œuvres elles-mêmes. L‘environnement obscur modifie notre perception visuelle et avive d’autres sens, les contrastes s’accentuent, les distances et la profondeur deviennent plus difficiles à juger, cette perte de repères déstabilise, mais force à percevoir autrement le lieu que l‘on traverse. En modifiant les conditions habituelles de présentation des œuvres, le visiteur fait l’expérience d’un lieu autre. Les espaces distincts se retrouvent liés par l’obscurité. Les œuvres deviennent des points de repère dans le lieu, créées pour l‘exposition, comme des lucioles dispersées, elles sont ”auto-éclairées“. La lumière, matériau central de l’exposition, donne tout son sens aux œuvres, la lumière éteinte, il ne reste plus que « des supports ».